Standard and Poors a « dégradé » la note de la France... Si cette décision n’a pas été suivie par les autres principales agences de notation, elle n’en alimente pas moins les débats et les inquiétudes sur l’avenir.
Je n’ai jamais accordé la qualité de juge suprême à ces agences. Sans dénigrer leur rôle, lié à la réglementation bancaire et au souci de garantir la sécurité des déposants, je note qu’elles n’ont jamais aidé à anticiper les difficultés économiques. Elles font office de thermomètre mais n’ont pas vocation à prévenir les tempêtes et encore moins à dicter aux gouvernements leurs politiques économiques.
La perte du triple A n’est donc que le constat confirmé de la dégradation de nos finances publiques amplifiée par les crises que nous avons dû affronter depuis 2008.
Les commentaires et les interprétations fusent... Certains y trouveront un motif supplémentaire de critique de l’action du gouvernement. Certains autres iront même jusqu’à en tirer la conclusion hâtive d’un abandon de l’Euro, hypothèse qui nous conduirait à la catastrophe, et qui ne ferait que donner raison aux spéculateurs internationaux...
La vraie conclusion à tirer de cette situation est qu’il faut poursuivre les réformes nécessaires pour réduire les dépenses et les déficits publics et libérer la croissance.
Sous cet angle, les réformes, les économies budgétaires ne doivent pas être vécues comme une punition mais comme un moyen de sortir d’une situation sans issue et d’améliorer ce qui ne fonctionne pas bien dans notre Pays.
Nous devons abandonner nos réflexes individuels et collectifs de recul face au changement. N’avalisons pas, par notre refus des réformes, une situation qui n’est pas satisfaisante.
Les réformes à accomplir concernent le marché du travail, la formation, la fiscalité... Elles sont inéluctables et nécessaires pour générer de la croissance et créer de l’emploi.
Si ces réformes sont fortes, lisibles et clairement énoncées, elles nous permettront sans nul doute de retrouver une certaine prospérité. L’exemple allemand nous montre que cela est possible. La France a sûrement la capacité de suivre le même chemin !
